Mes premiers 42km195

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Nous sommes le 8 mai 2017, je suis dans le sas de départ pour le marathon « La Route du Louvre »… Il pleut, je sens la pression monter encore d’un cran, mes jambes tremblent. TOP !

J’ai mis presque 3 mois à écrire cet article au sujet de mon premier marathon, et pour être honnête, j’ai encore la gorge serrée et l’émotion qui pique le nez en écrivant ces quelques lignes. C’est toujours beaucoup d’émotions en me remémorant cette journée du 8 mai 2017.

Quelques jours avant

Je n’ai pas été un très bon élève sur la préparation. 3 semaines avant j’avais couru le semi-marathon de Bordeaux, ce qui faisait ma plus longue sortie préparatoire… Oui je sais, ce n’est pas très bien. Entre les deux, je ne me sentais pas au top, mes genoux n’étaient pas vraiment d’attaque, une petite baisse de moral, la météo qui ne s’améliore pas, bref, j’étais dans une spirale négative.

Jusqu’au matin même, je ne savais pas si j’allais réellement prendre le départ. J’en avais envie, mais était-ce vraiment raisonnable ? Ma chère et tendre me répétait que je pouvais toujours prendre le départ et arrêter si je ne me sentais pas bien. C’est vrai que c’est une option envisageable, mais une fois que j’ai une idée en tête (finir ce P*$&@# de marathon), je ne l’ai pas dans le c** !
Je suis allé retirer mon dossard 3 jours avant, il était là, dans ma main, mon premier dossard qui indique bien 42km195…

Retrait dossard marathon Route du Louvre

Pour éviter de trop stresser, ma petite amie et moi préparons le parcours ensemble. Nous prévoyons des « checkpoints » à différents km (11, 19, 27, 35 les numéros gagnants ;-)). Durant ces checkpoints, elle aura en charge le soutien moral, et les recharges en eau et barres énergétiques. Nous examinons chaque points de difficulté sur le parcours… Elle m’a été d’une aide incommensurable, et pour ça je ne pourrai jamais assez la remercier.

Préparation Route du Louvre 2017

Jour J

Le réveil sonne, je me lève d’un bon (ce qui change de d’habitude), je file dans la cuisine préparer mon petit déjeuner. Je ne parle pas, je suis stressé, il fait gris dehors, il y a une pluie fine, je ne sais pas comment m’habiller, et j’ai peur de rater le départ….

Sac avec des affaires de rechanges : OK / Eau : OK / Porte dossard avec les gels : OK / Bon, je prends le cuissard long et un maillot manches courtes…. Oui mais il pleut quand même, ok je prends des manchettes en plus (au pire je les enlèverai), bon, je crois que tout est prêt… MERDE mes chaussures, vite on va être en retard…
Direction le métro : Silence de mort. Je repère 2 / 3 coureurs qui eux aussi font la gueule (ou sont concentrés je ne sais pas). Arrêt gare Lille Europe, il y a beaucoup de monde avec des sacs poubelles en guise de K-way jetable. Mais oui !! Je l’avais lu quelque part ça. Je suis trop bête je n’y ai pas pensé ! Au moins la prochaine fois, ça sera sur ma todoList.

Echauffement rapide dans la gare, je sautille sur place, je chauffe les chevilles, je repère les meneurs d’allure, et je me place entre le 4h00 et 4h15.

Les coureurs sautillent sur place, font des blagues, il y a une bonne ambiance malgré le froid et la pluie. Dernier bisous à la chérie, et maintenant, je me concentre.

Je vais le finir, quelque soit le temps, je le terminerai ! Je m’en fais la promesse !

Top départ !

Allez, c’est parti, nous sommes environ 3000 à nous élancer sur ce marathon, mes jambes sont super fébriles, mais je suis trop concentré pour penser à autre chose qu’à la ligne d’arrivée.

Checkpoint 11ème km : Tout est OK, je ne me recharge même pas en eau, je suis bien.
Checkpoint 19ème km : Je réclame un bisous pour me redonner de la force. Je change aussi ma bouteille d’eau. Je n’ai pas de douleurs particulières, mais la pluie commence à jouer un rôle important sur le moral.
Checkpoint 27ème km : Là, ça devient compliqué. Je rechange ma bouteille d’eau. Les jambes commencent à se faire lourdes. La chérie m’accompagne sur 200m pour me remonter le moral. On se donne rendez-vous au 35ème km, même si je commence à me demander si je vais réellement arriver jusque là bas.
Checkpoint 35ème km : Mais pourquoi je fais ça ? J’ai le moral dans les chaussettes, je suis trempé, j’ai froid, j’ai mal aux jambes. Je vois dans ses yeux qu’elle commence à avoir peur pour moi. Elle court un peu avec moi, elle me propose des bonbons, des gâteaux, 400, 500 mètres, elle m’ordonne de terminer cette course me fait un bisous et me laisse terminer. Elle veut me voir sur la ligne d’arrivée avec ma médaille. Je sers les dents et je m’accroche. 7 kilomètres, « un tour des deux ponts » que les Bordelais connaissent bien. C’est facile, je le fais souvent, plus que 7 petites kilomètres. Je commence à compter les mètres qui me séparent de l’arrivée. Je vois des gens s’arrêter sur la route, s’étirer, souffrir, je croise même une personne allongée par terre avec deux bénévoles à ses côtés.

41ème kilomètre : Ahhhhhhhh ils nous ont prévus une surprise, on terminera le marathon sur 1km en côte… Sympa les gars, merci beaucoup.
42ème kilomètre : « Allez mon chéri« , une petite voix que je reconnais bien sur ma droite mais je suis trop concentré sur les 195 derniers mètres, je ne me retourne pas.

La ligne d’arrivée est franchie, 4h11 à la montre, je craque. Une bénévole me met ma médaille autour du cou. Je cherche la sortie, je ne suis pas bien. Il pleut vraiment fort, toutes les tentes sont pleines de coureurs qui cherchent de quoi s’abriter.  Je veux juste sortir, mais je commence à faire une petite crise de panique… Heureusement, je retrouve un visage familier, il est temps de rentrer au chaud dans la voiture.

Médaille Route du Louvre 2017

Et maintenant ?

Avant de parler du futur, je voulais remercier les personnes qui m’ont envoyé des sms de soutien. Vous n’imaginez même pas combien s’est réconfortant de voir un message qui dit « Tu es en train de courir, nous pensons tous fort à toi, courage tu vas y arriver. On est super fier de toi » ou encore « Il y a quelques mois, personne n’aurai pu t’imaginer en train de courir un marathon, vas y, montre nous que nous nous sommes trompés. On est tous fier de toi poto. ».
Je voulais aussi, encore une fois, remercier ma chère et tendre sans qui je n’aurai jamais terminé cette course. J’ai peut être couru 42km, mais elle s’est occupé de tout le reste. La pauvre a attendu des heures sous la pluie à surveiller les coureurs pour être sûre de ne pas me rater. Au final c’est elle qui a attrapé un rhume.

J’ai mis du temps à écrire cet article, mais même 3 mois après, l’émotion est toujours là.

Et maintenant alors ? Et bien, j’ai pris une énorme pause dans la course à pied. J’ai continué les entrainements en salle avec le coach, j’ai fait pas mal de vélo, mais j’ai un peu lâché la course durant les 2 mois qui ont suivi le marathon.
Je suis maintenant prêt à reprendre, et je participe au 10km de la Braderie de Lille le 2 septembre… Je vais également courir le marathon de La Rochelle le 26 novembre. Et oui, je vais courir dans ma région natale, avec cette fois, toute ma famille présente pour m’encourager. Je vais également tout faire pour passer sous la barre des 4h00. Je connais le parcours, il est rapide, ça devrait aller.

Pour ceux qui veulent revivre ce marathon, il est disponible dans la vidéo ci-dessous. On me voit courir à 35min25 !

 

On se retrouve à l’arrivée ?